L’architecture nous permet de mettre en scêne des fictions architecturales. A travers les techniques de représentation et les moyens de communication propre à ce domaine (maquette, dessin, simulation 3D, photomontage), nous nous attachons à analyser d’un point de vue politique la mise en espace des structures urbaines et sa répercussion dans le champ social. Je n'ai découvert que très récemment l'ultime essai de Louis August Blanqui ,"l'éternité par les astres", qui trouve une résonance particulière avec mon travail sur les archétypes architecturaux du pouvoir, les bâtis stellaires.

La clé qui ouvre ce texte de Blanqui est l'essai de Walter Benjamin "Paris capitale du 19ème siècle" où l'on peut lire:"Pendant la Commune Blanqui était tenu prisonnier au fort du Taureau. C’est là qu’il écrivit son Eternité par les Astres. Ce livre parachève la constellation des fantasmagories du siècle par une dernière fantasmagorie, à caractère cosmique, qui implicitement comprend la critique la plus acerbe de toutes les autres. Les réflexions ingénues d’un autodidacte, qui forment la partie principale de cet écrit, ouvrent la voie à une spéculation qui inflige à l’élan révolutionnaire de l’auteur un cruel démenti. La conception de l’univers que Blanqui développe dans ce livre et dont il emprunte les données aux sciences naturelles mécanistes, s’avère être une vision d’enfer. C’est de plus le complément de cette société dont Blanqui vers la fin de sa vie a été obligé de reconnaître le triomphe sur lui-même. Ce que fait l’ironie de cet échafaudage, ironie cachée sans doute à l’auteur lui-même, c’est que le réquisitoire effrayant qu’il prononce contre la société, affecte la forme d’une soumission sans réserve aux résultats. Cet écrit présente l’idée du retour éternel des cho-ses dix ans avant Zarathoustra ; de façon à peine moins pathétique, et avec une extrême puissance d’hallucination. Elle n’a rien de triomphant, laisse bien plutôt un sentiment d’oppression. Blanqui s’y préoccupe de tracer une image du progrès qui, – antiquité immémoriale se pavanant dans un apparat de nou-veauté dernière – se révèle comme étant la fantasmagorie de l’histoire elle-même.

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